Spinoza avait raison: une lecture d’Antonio Damasio

Il existe des corrélats neuronaux à nos affects, que la physiologie du système nerveux révèle toujours plus précisément. Comment les affects se manifestent-ils au niveau de notre fonctionnement cérébral? Antonio Damasio, neuroscientifique portugais, professeur de psychologie et directeur de l’Institut pour l’étude neurologique de l’émotion et de la créativité à USC (University of Southern California), a consacré de nombreux travaux à cette question. Cet article propose un compte-rendu de l’ouvrage de Damasio sur Spinoza, Spinoza avait raison, dans lequel il valide les thèses du philosophe hollandais concernant nos sentiments et nos comportements. Il constituera en outre une conclusion du livre trois de l’Éthique, qui porte pour rappel sur notre affectivité.

Mécanique affective chez Spinoza, partim 1 : illusion, interaction, propagation

Résumons l’article précédent avant d’avancer dans la complexification de la mécanique affective telle que décrite par Spinoza. Notre conatus se manifeste par des désirs, est contrarié par notre tristesse, et porté à s’exprimer plus librement grâce au concours de notre joie. Joie, tristesse, désir: ces passions ou affects dits primaires prennent rapidement la forme de l’amour et de la haine lorsqu’on les associe à des objets. Ces affects d’amour et de haine sont ensuite modulés par le contexte dans lequel nous rencontrons ces objets, mais aussi par la ressemblance que ceux-ci partagent avec d’autres objets. Ces mécanismes concourent à l’irrésolution de notre âme, résultat de nos rencontres fortuites avec les choses du monde, qui nous condamne tant qu’à présent à une forme de passivité.