Dimension sociale de l’Ethique de Spinoza : vers un altruisme rationnel

Nous avons vu dans les précédents articles que nous sommes en quelque sorte configurés pour rechercher -égoïstement- ce que nous considérons comme nous étant utile. Si notre utilité propre fait office de boussole à nos actions dans le monde, nous déterminant à poursuivre sans relâche la satisfaction de notre insatiable appétit, Spinoza note que « rien n’est plus utile à l’homme que l’homme ». La collaboration entre les êtres humains, qui prend appui sur une raison pacificatrice et partagée, équivaut ainsi à une symbiose des puissances singulières; l’utile propre se confond alors … Lire plus

Impuissance et servitude à l’égard des affects

Alors que les trois premiers livres se voulaient avant tout descriptifs et polémistes, c’est un tournant normatif qui s’opère à ce stade de l’Éthique. Nous avons jusqu’ici observé et étudié l’articulation de la nature, de notre esprit et de nos passions ; il s’agit à présent d’évaluer précisément le caractère bon ou mauvais, c’est-à-dire bénéfique ou non, de nos affects, et à édifier un modèle de vie vertueuse, et en y conformant notre action. Impuissance, contrainte de notre action, servitude vis-à-vis des affects : telle est notre condition initiale. Les livres 4 et 5 proposeront un plan d’émancipation vis-à-vis de nos passions, par l’entremise, cela va de soi, de notre raison, qui nous servira de levier à une action libre.