Le livre 4 de l’Éthique, qui a mis en lumière notre servitude à l’égard des affects, s’est achevé sur un modèle idéal de l’homme libre ; la raison conduirait ce dernier à poursuivre ses intérêts propres, au milieu de ses semblables. Le livre 5, intitulé « La puissance de l’entendement ou la liberté humaine » a pour objet la mise en œuvre de ce projet éthique, qui vise in fine la béatitude, synonyme de liberté de l’âme. Pour ce faire, il s’agira de modifier en nous le rapport de force qui existe entre la puissance de nos idées claires, qui appartiennent au champ rationnel, et celle de nos idées confuses, qui appartiennent au champ de l’imagination. Comme nous allons le voir, il ne s’agit pas de dompter nos affects, mais de faire à leur égard preuve de diplomatie.